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Actualités

LES MESURES DE TURQUISATION APPLIQUÉES DANS LES ORPHELINATS D’ÉTAT DE L’EMPIRE OTTOMAN


05.02.2019

Djemal

La visite de Djémal pacha à l’orphelinat d’Antoura
Pendant le génocide, une liste de moyens de punitions et d'actes de violence dans des orphelinats turcs a été appliquée aux orphelins arméniens. Cela prouve encore une fois que la conversion et le changement de nom ont été effectués forcément. La première condition obligatoire pour entrer dans l'orphelin était le changement de nom. Presque tous les orphelins le mentionnent dans leurs mémoires.

Garnik Banian, qui a passé environ trois ans et demi à l'orphelinat d'Antoura, raconte dans ses mémoires qu'on lui a attribué le numéro 549 et le nom d’Ahmed à l'orphelinat. L’apprenti du même orphelinat Melkoum Petrossian a été rebaptisé Nehjip et il a reçu le numéro huit. Haroutioun Alboïadjian a été renommé deux fois. Pour la première fois à Déra, puis à Antoura, où il a reçu le nom de Chioukru et le numéro 534. Khorèn Gelidjian a été emmené d’Alep à l’école militaire centrale ‘’Habrié’’ de Constantinople. Là on a distribué des sceaux de cuivre avec leur nouveau nom turc à tous. Il a reçu le timbre "Ali oglu Islam", qui aurait toujours dû être pendu au cou d’après l’ordre de la direction. Marie Grigorian, l’apprentie d'un orphelinat mixte turc de Mardin, qui a reçu le nom Aïché, raconte de la cérémonie du changement de nom. "... des cartes d'identité ont été créées pour nous tous, sur lesquelles tous nos pères s'appelaient Abdullah et nos mères Salih, sans aucune exception ...". Ervand Postaldjian, connu depuis six ans sous le nom de Mehmet Oghli à l'orphelinat d'Adana, écrit dans ses mémoires: "Nous, les orphelins, pour ne pas oublier nos prénoms, nous les gardions sur nous, écrits sur les feuilles de papier."

Les nouveaux venus ont été divisés en classes, dont chacune avait un responsable pour son groupe. Ils étaient formés au service militaire quelques heures par jour. Tout faux pas serait condamné à être battu.

L'un des moyens de punition les plus sévères imposés à Antoura était le phalakha (1). H. Alboïatchian écrit à propos des violences appliquées : "Si quelqu'un parlait arménien ... il était sévèrement puni. Il était battu ou forcé à se tenir sur le toit de la cantine et à regarder le soleil pendant trois ou quatre heures. " Souvent, les enfants de l'orphelinat qui s'étaient enfuis à la forêt pour se nourrir, étaient également emprisonnés pendant 24 heures et on ne leur donnait rien à manger, les soumettant au phalakha en présence de tous au moment du repas. Pour l’application du phalakha il y avait un guide spécial dans l’orphelinat où était noté combien de fois on devait l’utiliser pour tel ou tel ‘’crime’’. Les cours étaient poursuivis avec des reproches, des paroles d’insulte, des pierres lourdes placées près du mur, des baguettes de différentes tailles derrière la porte et l’instrument du phalakha.

La "pédagogie" turque a utilisé tous les moyens possibles. Au cours de la formation à l'orphelinat de Mardin, le bruit devenait un motif pour que l’institutrice frappe les enfants avec une "tige bénie", pour les amener ensuite dans la cour au froid brutal sous prétexte de lire les noms.

Les cours de l’islam étaient également obligatoires dans ces orphelinats. Melkon Pétrossian rapporte plusieurs épisodes de ces cours dans ses mémoires. En parlant du christianisme, Feïz pacha a déclaré: "Mes petits enfants, votre religion est aussi vieille que le culte du feu et votre prophète Jésus est aussi vieux ; si la chemise est usée, on la jette pour mettre la nouvelle." Dans l'orphelinat de Mardin, ils ont appris des extraits obligatoires de l'islam dans le Coran, et parallèlement, ils ont appris à se laver et à prier conformément aux lois islamiques.

La circoncision était également une condition obligatoire dans les orphelinats. Si les enfants admettaient le fait du changement de nom ou l'islam et s’y résignaient en apparence, ils résistaient à la cérémonie de circoncision le plus souvent. Dans les orphelinats, lorsque les rumeurs circulaient sur cela, beaucoup de garçons s’enfuyaient. Dans ses mémoires l’apprenti de l’orphelinat d’Adana, Ervand Postaldjian écrit que le directeur de l'orphelinat a publié une déclaration dans le journal et a appelé les croyants turcs à assister à la cérémonie de la circoncision des enfants arméniens de l'orphelinat. Khorèn Gelitchian se rappelle que tous les enfants arméniens ont été emmenés à Constantinople et ont été circoncis à l’ordre de la direction de l’orphelinat.

Les dirigeants turcs faisaient périodiquement des raids dans les orphelinats, ce qui était toujours accompagné de célébrations et de grands applaudissements. Dans les mémoires des enfants, cet événement a toujours été identifié avec une cuisine délicieuse, une atmosphère festive et amicale en apparence. Djémal Pacha a quelquefois visité l'orphelinat d’Antoura, Enver et Talaat pachas se sont rendus à plusieurs reprises aux orphelinats de Harbié. Il y a eu des cas d'empoisonnement pour réduire le nombre d'enfants dans les orphelinats. Souvent "par une voie naturelle" était empoisonnée l'eau lorsque des cadavres ont été jetés dans les puits alimentant les orphelinats. Les cas d'empoisonnement à l'orphelinat de Mardin étaient principalement liés à l'utilisation du pain. À la fin de 1918 le personnel turc du dernier orphelinat d’Antoura a ordonné au pharmacien Réza Bey d’empoisonner tous les orphelins lors du dernier dîner. Mais Réza Bey n'a pas consenti à un crime pareil. Il est à noter que tous les enfants assis à la cantine se sont souvenus de leurs noms arméniens lors de l'enquête de Réza Bey.

Ainsi, la stratégie du gouvernement des Jeunes turcs avait pour but de priver le groupe cible, dans ce cas, les enfants arméniens de leurs caractéristiques biologiques-raciales, de leur identité, en les transformant progressivement en une autre identité. Il a constamment poursuivi cette politique jusqu'à la signature de l’armistice de Moudros en 1918 ; plus tard les orphelinats turcs se sont retrouvés à la charge des organisations missionnaires, étrangères et arméniennes.

Le processus de turquisation des orphelins arméniens s'est déroulé en plusieurs étapes, dont la première était la solution des problèmes de la récupération et du transport. Le gouvernement ottoman s'empressait de les récupérer craignant que les organisations de missionnaires et de bienfaisance n’y parviennent plus tôt. Au cours de la deuxième phase, installant les orphelins arméniens dans les orphelinats, ils commençaient le processus de turquisation en changeant leurs noms, en les circoncisant et en organisant des cours d’islam. Le côté turc évitait même les moindres détails qui puissent rappeler leur passé aux orphelins arméniens. Ils préféraient s’adresser aux enfants uniquement par des chiffres, les privant non seulement de leur identité, mais aussi de leur personnalité. Il y a eu des cas où même en l’absence d’employés dans l’orphelinat la direction a congédié les femmes arméniennes travaillant dans l’orphelinat, craignant que leur présence pour les orphelins ne devienne un stimulant de l’identité arménienne.

L'atmosphère de peur, l'utilisation des moyens de punitions semblent réussir à première vue ; les orphelins cessent de se parler arménien, mais dans les mémoires, tous les auteurs disent qu'ils se signaient toujours sous la couverture, répétant des extraits de « Notre père » qu’ils avaient entendus de leurs parents ou bien s’ils parfois ne se souvenaient d’aucune prière, ils répétaient leurs propres noms et ceux de leurs proches, afin de ne pas les oublier.

Au cours de la mise en œuvre de cette politique, le gouvernement turc a toujours éprouvé des doutes et de la méfiance à l’égard les Arméniens islamisés. Il est à noter qu’un ordre était à Constantinople que seules ceux étaient autorisés à l’islamisation, qui avaient l'approbation du gouvernement central ou uniquement les femmes mariées avec des musulmans. Dans les orphelinats, il était plus facile de contrôler le processus d'islamisation, à laquelle avait tendance le gouvernement turc dès le début. Cependant, sa politique ne fonctionne pas longtemps. En 1919, au cours des six premiers mois de l’armistice, d'importantes mesures ont été prises pour rapatrier les orphelins. Pendant "la récupération des orphelins", les organisations arméniennes et internationales ont pu faire sortir les orphelins et sauver de nombreux enfants arméniens du processus de la turquisation. Il convient toutefois de noter qu'une grande partie des petites enfants, ne se souvenant pas de leur identité, ayant crainte des ressentiments du passé, ont préféré garder le silence sur leur identité arménienne et se sont assimilés de cette manière.


Narinée Margarian, Ph.D., travailleuse scientifique du MIGA


1. Pendant le phalakha, on attache une corde aux extrémités d’un bois et tiennent les pieds de celui qui est puni entre le bois et la corde, puis on commence à faire tourner le bois et la troisième personne bat avec une baguette les pieds jusqu’à ce qu’ils saignent.









L’orphelinat d’Antoura ; au centre : l’orchestre des orphelins arméniens


La classe de menuiserie de l’orphelinat d’Antoura


Le groupe des filles de l’orphelinat d’Antoura






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