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Chronologie


1878

Lors de la guerre Turco-russe de 1877-1878, les troupes russes l’emportent sur les fronts des Balkans et du Caucase. Dans les Balkans, les troupes russes occupent la Bulgarie et progressent jusqu’aux abords d’Istanbul, tandis que sur le front caucasien, elles s’emparent d’Ardahan, Bayazet, Alashkert, Kars, Erzurum et Batumi - soit une portion considérable de l’Arménie Occidentale. De leur côté, les turcs s’emploient à mettre fin aux opérations militaires et à rétablir la paix. Le Traité de paix entre la Russie et l’Empire Ottoman est signé le 3 mars 1878, à San Stefano, aux environs d’Istanboul. Il certifie les victoires remportées par l’armée russe. Le paragraphe 16 relatif à l’application des réformes en Arménie occidentale est incorporé au Traité de San Stefano. Il déclare : “Prenant en considération que le retrait des troupes russes des territoires de l’Arménie - voués à être rendus à la Turquie - pourrait entraîner des conflits et des complications pouvant nuire aux relations qu’entretiennent les deux états, la Sublime Porte entreprend de mener des aménagements et des réformes dans les provinces peuplées par les arméniens, se chargeant des besoins locaux, ainsi que de la protection des arméniens envers les Kurdes et les Circassiens.” Le Traité de San Stefano marque la victoire de la diplomatie russe, ce qui inquiète sérieusement ses rivaux européens qui craignent que l’Empire Ottoman ne devienne complètement dépendant de la Russie. La Question de l’Orient pencherait dès lors en faveur de l’Empire Russe, ce qui irait à l’encontre de leurs intérêts. L’Angleterre et l’Autriche-Hongrie, bénéficiant du soutien du chancelier allemand Bismarck, sont particulièrement impliquées dans cette affaire. Leurs forces diplomatiques parviennent à obtenir l’accord pour l’organisation d’un congrès ad hoc, afin de réviser le Traité de San Stefano. Le Congrès, présidé par Bismarck, se tient à Berlin le 13 juin 1878. L’Angleterre et l’Autriche-Hongrie, soutenues par l’Allemagne, la France et l’Italie, parviennent à faire réviser les décisions de San Stefano et à affaiblir les positions russes, tout en renforçant leur influence sur l’Empire Ottoman. Par décision du Congrès, la Russie restitue Bayazet, Alachkert et sa vallée à la Turquie (Erzéroum ayant été rendu auparavant). Ardahan, Kars, ainsi que Batoumi restent en possession de la Russie. Le Traité de Berlin inclus un paragraphe spécifique N°61, dédié à la Question Arménienne. Cependant, il diffère du paragraphe 16 du Traité de San Stefano sur plusieurs aspects essentiels, au désavantage des arméniens. Si, lors du Traité de San Stefano, les réformes en Arménie occidentale furent déterminées en présence des troupes russes, ce qui garantissait du moins un certain degré d’application, avec le Traité de Berlin, les troupes russes sont contraintes de laisser sa mise en œuvre à la discrétion du “Sultan sanguinaire”. Celui-ci s’engage seulement à faire périodiquement le compte-rendu de ses interventions aux pouvoirs européens, lesquels sont chargés de leur supervision. En d’autres mots, par l’adoption du Traité de Berlin, les réformes envisagées pour l’Arménie occidentale à San Stefano sont invalidées, et aucune offre réaliste n’est proposée pour les remplacer. Après le Congrès de Berlin, le Sultan et sa clique se trouvent renforcés dans leur certitude que l’extermination des arméniens serait la meilleure façon de résoudre la Question Arménienne. Ils considèrent en effet ce projet comme un bon moyen d’empêcher l’intervention des pouvoirs européens dans les affaires intérieures de l’Empire. Selon eux, la question des réformes dans les régions arméniennes n’était qu’un prétexte utilisé par les pouvoirs européens pour s'immiscer dans les affaires intérieures de la Turquie. De ce fait, il devient nécessaire pour eux d’éliminer ce prétexte et d’empêcher les pouvoirs de soustraire des territoires à l’Empire.

1891

Il s’avère fort paradoxal que les pouvoirs aient confié au Sultan “d’assurer la protection des arméniens envers les Kurdes et les Circassiens”, alors que le Sultan lui-même était le principal instigateur des actes anti-arméniens perpétrés par les Kurdes et les Circassiens. A titre d’exemple, juste après le Congrès de Berlin en 1891, une cavalerie - nommée “Hamidie” d’après Abdul Hamid II - est montée sur ordre du Sultan et entretenue aux frais de l’Empire Ottoman. Composée uniquement de Kurdes, elle comporte 30 régiments indépendants de l’armée ottomane qui fonctionnent comme une unité militaire isolée, basée dans la ville arménienne d’Erzincan. L’objectif de l’Hamidie est avant tout d’organiser des carnages contre les arméniens à travers tout l’Empire, ce qui sera parfaitement exécuté en 1894-1896 et lors des massacres suivants.

1894-1896

Le point culminant des massacres d’arméniens commis par l’Empire ottoman à la fin du XIXème siècle sont les massacres de 1894-1896. Le premier assaut frappe Sassoun, une province dans le vilayet de Bitlis, connue pour son désir tenace de résistance contre la tyrannie turque. En août 1894, la quatrième armée turque marche sur Sassoun. Les forces sont inégales, et l’armée régulière turque finit par l’emporter. Sassoun est démolie, 40 villages sont rasés, et dix-mille personnes tuées. En septembre 1895, les massacres d’arméniens commencent dans la capitale, ainsi qu’à Trabzon, Erznca, Marach, Sébaste, Erzéroum, Diyarbekir, Bayazid, Kharberd et ailleurs. Les autorités du Sultan entreprennent d’organiser des pogroms à Zeitoun mais sans succès, les habitants ayant pris les mesures nécessaires pour résister aux menaces des troupes turques. En 1896, les carnages se poursuivent à Constantinople, Urfa, Chapin-Garahissar, Amassia, Mouch, Marzvan et dans différentes régions, villes et villages de l’Empire. Lors des massacres de 1894-1986, environ 300,000 arméniens sont tués. Mais les pertes d’arméniens ne se limitent pas seulement à ces horreurs. En ces temps d’indicible désespoir, près de 100,000 arméniens sont convertis de force à l’islam, tandis qu’un nombre similaire sont expulsés de leur terre natale.

10 juillet 1908

Des groupes d’opposition se créent dans le but d’évincer le Sultan et son régime autoritaire. Progressivement, ces différents groupes s’unissent en un unique mouvement connu sous le nom "Jeunes Turcs". Les " Jeunes Turcs" fondent bientôt leur propre parti - Ittihad ve Terakki, ou "Union et Progrès". Le projet de renversement du Sultan sanguinaire gagne progressivement en popularité; les Jeunes Turcs sont aptes à le mener à bien. Le 23 juillet 1908, le comité Union et Progrès organise un coup d’état. Le sultan Abdul Hamid II est privé de ses pouvoirs; il est détrôné en 1909. Les Jeunes Turcs entrent dans l’arène politique sous le slogan de la Révolution Française: “Liberté, Egalité, Fraternité”. Toutes les nations de l’Empire, musulmanes ou chrétiennes, accueillent avec enthousiasme le renversement du “Sultan Rouge”. Les peuples croient qu’une nouvelle ère s’ouvre dans l’histoire de l’Empire Ottoman. Parmi eux, les arméniens. Comme le décrit Moussa Prince, “Dans les rues, arméniens, turcs et grecs se prenaient dans les bras l’un de l’autre” en pleine euphorie. Mais, peu de temps après, il s’avère que les Jeunes Turcs sont en fait d’ardents nationalistes, qui perpétuent la politique d’oppression et de massacres menée par les sultans précédents. Ils sont les gardiens du projet d’assimilation de toutes les nations de l’Empire en une nation turque “pure”, n’hésitant pas à perpétrer des massacres de masse pour arriver à leurs fins.

Avril 1909

Un an seulement après la révolution des Jeunes-Turcs, dans la ville d’Adana en Cilicie, des figures nationalistes turques incitent la foule à commettre des atrocités envers les populations locales arméniennes. L’armée turque n’intervient qu’après plusieurs jours. D’Adana, les massacres se propagent à d’autres villages arméniens - de Marach à Kessab. Dans certaines régions, les arméniens se tournent vers l’autodéfense et parviennent à survivre. Les massacres font rage pendant un mois, faisant trente-mille victimes. Après avoir soutenu avec enthousiasme la révolution des Jeunes Turcs, les arméniens font face à de sérieux doutes quant à ce nouveau régime fasciste.

1910

En entreprenant au début du XXème siècle la construction et l’exploitation d’une ligne de chemin de fer traversant l’Empire Ottoman, l’Allemagne ambitionne de gagner le contrôle de l’Empire, pour contenir la position de l’Angleterre en Inde et en Egypte, et afin d’affaiblir la position de la Russie dans le Caucase. La construction de la ligne de Bagdad est également liée aux ambitions politico-militaires et économiques de l’Allemagne en Arménie Occidentale. En vue d’établir l’homogénéité parmi la population turque du Nord-est de l’Anatolie, il est envisagé de déplacer les arméniens vers la zone de construction de la ligne de chemin de fer. Ce projet permettrait d’atteindre deux objectifs: la construction de la ligne de chemin de fer, réalisée par une main-d’œuvre qualifiée, et l’atténuation de l’influence russe en Arménie Occidentale. En particulier, le célèbre écrivain politique Paul Rohrbach déclare : “Les autochtones arméniens doivent être déplacés de l’Arménie Occidentale et substitués par des musulmans de Cilicie et de Russie. De cette manière, l’Arménie sera du même coup séparé de la Russie.” Raurbach suggère de déplacer les arméniens d’Anatolie en Mésopotamie, ce qui contribuerait dans son esprit au “développement économique de la route ”. Le point de vue des allemands servira de base à la politique des Jeunes Turcs pour l’extermination des arméniens sur leur terre natale.

1911

La décision des Jeunes Turcs de résoudre la Question Arménienne par le génocide est finalement adoptée au début des années 1910 lors de conférences et de sessions secrètes du parti Union et Progrès du Comité Central. La conférence de Salonique en 1911 se révèle déterminante : les dirigeants y décident explicitement de turquifier toutes les nations non-turques de l’Empire. Cette décision s’applique plus particulièrement aux arméniens vivant sur les territoires de l’Empire. Les décisions prises lors de la conférence façonnent la stratégie officielle de la politique des Jeunes Turcs. Des ordres secrets sont rédigés par Talaat et envoyés aux autorités locales de l’Empire afin de leur indiquer les mesures à prendre pour exterminer les arméniens.

1912-1913

Les guerres balkaniques (la première d’octobre 1912 à mai 1913, et la seconde de juin 1913 à août 1913) menées entre la Ligue Balkanique et la Turquie résultent dans l’aggravation des relations internationales dans les Balkans et dans toute l’Europe, accélérant ainsi le déclenchement de la Guerre Mondiale. La défaite de la Turquie Ottomane lors de la première guerre balkanique ravive la question des réformes en Arménie Occidentale. Grâce à la participation efficace des cercles arméniens et du gouvernement russe, ces questions de droits de l’homme deviennent un sujet de discussion pour la diplomatie internationale.

Juillet 1914

Alors que la guerre est sur le point d’éclater, le congrès de la Fédération Révolutionnaire Arménienne se tient à Erzéroum afin de décider de sa position à adopter en cas de conflit. Informés de la tenue du congrès, les autorités Jeunes Turcs y envoient deux représentants - Naji Bey and Chakir Behaeddin - hauts-placés au sein de leur parti. Lors du congrès, ils soumettent aux arméniens les demandes suivantes, au nom du parti Union et Progrès : premièrement, le congrès doit déclarer, au nom de tous les arméniens, que les arméniens de Turquie comme ceux de Russie resteront fidèles à la Turquie en cas de guerre; deuxièmement, qu’ils formeront des détachements arméniens pour combattre les russes; troisièmement, qu’ils mèneront une révolte dans le Caucase derrière les lignes de l’armée russe. Dans le même temps, ils déclarent que “Si les arméniens se tiennent à ces conditions, il leur sera donné le droit d’établir après la guerre un état indépendant sur certains territoires de la Turquie et de la Russie”. En réponse aux demandes des Jeunes Turcs, le congrès déclare qu’en cas de guerre, les arméniens de l’Empire Ottoman et les arméniens de Russie apparaîtraient dans deux camps différents, étant donné qu’ils sont citoyens de deux états différents et qu’ils leur resteront fidèles. Concernant le soulèvement d’une révolte dans le Caucase, le congrès souligne dans sa décision que “le congrès ne peut s’exprimer au nom des arméniens de Russie, étant donné qu’ils sont citoyens d’un autre état”. De plus, le congrès mentionne explicitement dans sa décision que “dans le cas où le gouvernement turc déciderait d’entrer en guerre, les arméniens de Turquie assumeraient leurs responsabilités en tant que sujets turcs - servir le pays dans l’armée, protéger le pays tout comme les autres sujets de l’Empire ”. Une telle décision n’est pas facile à prendre. Elle engage les arméniens dans une guerre fraternelle, puisque les arméniens de Russie répondraient de la même façon à leur devoir dans l’armée russe. Pourtant, les représentants des Jeunes Turcs restent mécontents des décisions du congrès, et notamment du refus de lever une révolte contre la Russie. Chakir Behaeddin, plus tard reconnu comme un des plus actifs organisateurs et bouchers durant le génocide arménien, s’est exclamé pendant le congrès, furieux : “C’est une haute trahison!”.

Août - octobre 1914

Le 1er août 1914, la guerre éclate. Elle durera quatre ans et impliquera 33 états. Cependant, les forces principales sont deux alliances politico-militaires hostiles, formées au tournant du siècle: la Triple-Entente - composée de l’Angleterre, la France et la Russie - représentant les nations clés, et les Empires Centraux – l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie, joints plus tard par la Turquie. Un milliard et demi de personnes, soit 75% de la population mondiale, sont impliqués dans cette guerre, et plus de soixante-quatorze million de personnes sont mobilisées. Les combats font environ 9 millions de morts, et environ 20 millions de blessés. L’Empire Ottoman, gouverné par le triumvirat Jeunes Turcs – le ministre de l’Intérieur Talaat, le ministre de la guerre Enver, et le ministre de la Marine Djemal - entre officiellement en guerre le 29 octobre 1914. Quelques mois plus tard, dans une interview donnée à la presse américaine, Enver Pacha justifie la participation de la Turquie à la guerre par les raisons suivantes: “Il ne fait aucun doute que le monde a des difficultés à percevoir que la Turquie n’est plus ce qu’elle était. Ce n’est pas le gouvernement turc, mais la nation turque toute entière qui est aujourd’hui en guerre. Les journaux en France, en Grande-Bretagne et en Russie ont écrit que la Turquie était entrée en guerre pour aider l’Allemagne. Cela est vrai à présent, mais pas lorsque nous avons recruté nos forces. Aujourd’hui, l’Autriche-Hongrie et l’Allemagne nous aident et nous les aidons. Nous sommes entrés en guerre car il n’y avait pas d’autre solution. La Russie menace de s’emparer de nos territoires dans la Mer Noire et le dans le Caucase, tandis que l’Angleterre s’est lancée dans des opérations militaires en Mésopotamie et a placé sa Marine à l’entrée des Dardanelles. Nous avons attendu une semaine supplémentaire avant de déclarer la guerre. A présent, la Turquie possède une armée équipée et bien préparée de deux millions de soldats. Nous avons été si souvent critiqués et remis en cause que nous souhaitons à présent prouver au monde par les armes que nous ne sommes pas morts sur le plan ethnique, comme certains persistent à le dire.” Interview donnée à ”Associated Press” le 20 avril 1915.

Novembre 1914

Lorsque la Turquie entre en guerre et que la mobilisation est annoncée, les arméniens d’Anatolie, comme les autres peuples de l’Empire, sont appelés dans l’armée.

1915

Premiers actes violents commis envers les arméniens sous couvert de la guerre.

2 janvier

Après le retrait des troupes russes, une grande partie des réfugiés arméniens et assyriens venant d’Ourmia, de Salmast et d’autres villages voisins de Nor Djougha( Nouvelle Djoulfa) sont attaqués et tués par les forces armées turques et kurdes. Le 12 janvier, massacre de 107 arméniens dans le village d’Avgharik.

Février

Afin de mettre en œuvre le génocide arménien de manière organisée et impitoyable, le comité central du parti Union et Progrès constitue en février 1914 le “Comité Exécutif des Trois” comprenant le Docteur Nazim, Chakir Behaeddin et Midhat Chyukri. Le triumvirat des Jeunes Turcs – Talaat, Enver et Djemal – opère à travers ce comité, responsable de la mise en œuvre des déportations et des massacres des arméniens de l’Empire ottoman. L’action du comité, approuvée au plus haut niveau, est de résoudre tous les problèmes techniques liés à la déportation et à l’extermination des arméniens – les trajets et les dates de déportation selon les régions, les camps de concentration pour leur ultime élimination, etc. Le Docteur Nazim, un des plus importants dirigeants Jeunes Turcs et l’un des organisateurs du génocide arménien, donne un discours lors d’une session secrète du parti, lorsqu’est prise la décision finale d’exterminer les arméniens : “La nation arménienne doit être entièrement exterminée afin qu’il ne reste plus aucun arménien dans notre pays et pour que leur nom soit à jamais oublié. A présent, nous sommes en guerre et une telle occasion ne se reproduira pas. L’intervention des pouvoirs européens et les vives protestations de la presse internationale passeront inaperçues, et même s’ils en entendent parler, ils se trouveront face au fait accompli et la question se dissipera. Cette fois-ci, nos opérations doivent se diriger vers l’extermination absolue des arméniens. Il est nécessaire de les anéantir jusqu’au dernier... Je veux que les turcs, et les turcs seulement, vivent et gouvernent impartialement dans ce pays. Que les non-turcs aillent en enfer, quelle que soient leur nationalité ou leur religion. ” La “Teshkilat mahsuse”, ou “Organisation Spéciale ” établie par décision des Jeunes Turcs est mise à la disposition du “Comité des Trois ” et sera responsable de la mise en œuvre du génocide arménien. Elle est dirigée par Chakir Behaeddin. “Teshkilat mahsuse” est composée de criminels relâchés de prison, de bandes de voleurs, de bandits et autres rebuts de la société capables de commettre les crimes les plus odieux.

12 février

Début du renvoi des officiels arméniens, de l’emprisonnement des officiers arméniens de l'armée ottomane et de la formation de détachements composés de soldats arméniens désarmés.

18 février

Les délégués régionaux du parti sont informés de la décision et du plan d’extermination des arméniens par des lettres signées Behaeddin Chakir, le plénipotentiaire du Comité Central des Jeunes Trucs.

19 février

Les agents chargés des massacres sont formés par des assassins et des criminels sortis de prison, avec l’ordre de tuer les soldats désarmés travaillant sur la ligne militaire de Karin.

Février

Les dirigeants Jeunes Turcs démarrent la phase pratique du génocide arménien en éliminant tout d’abord les soldats arméniens enrôlés dans l’armée ottomane. De cette façon, ils privent les arméniens de leur potentiel de soutien armé. Par un décret du ministre de la guerre Enver Pacha publié en février 1915, tous les soldats arméniens sont désarmés, répartis en groupes de 50 à 100 et tués. Ainsi, dès le début, les arméniens sont privés de toute force militaire capable de défendre leurs vies, leurs maisons, leurs propriétés et leurs villages. Dans les villes habitées par les arméniens, il ne reste plus que les vieux et les malades, les femmes et les enfants.

8 avril

Premières déportations et massacres de masse de la population d’Arménie Occidentale à Zeitoun.

Avril-Juin

Le 24 avril à Constantinople, sans aucun motif officiel d’inculpation, les membres de l’élite intellectuelle arménienne sont arrêtés and déportés – membres du parlement turc (Mejlis), écrivains, avocats, enseignants, journalistes, physiciens, figures publiques, membres du clergé, artistes – environ 800 personnes. Ils seront tous assassinés sur la route de l’exil ou en arrivant à destination. Les personnalités politiques et membres de partis sont arrêtés et exécutés : tel sera le sort de Nazareth Tchauch, le célèbre dirigeant de Zeitoun, d’Ichkhan, figure éminente de la ville de Van et des dirigeants arméniens de la ville d’Urfa – près de cent personnes. En juin 1915, sur une des places centrales de la capitale de l’Empire, vingt membres du parti Henchak mené par l’éminent Paramaz sont pendus. La conduite ainsi que l’importance de ses frappes sont habilement déterminées par le gouvernement ottoman. Leur intention est de décapiter les arméniens d’Anatolie, de les priver de soutien militaire et d’organisation politique et intellectuelle, de démoraliser la population arménienne en excluant toute possibilité pour eux de se préparer à la résistance. L’élimination des soldats arméniens et de l’intelligentsia s’avère en effet fatale pour les arméniens, qui se trouvent incapables de s’organiser et de résister. Cela explique l’ampleur dévastatrice du génocide et la relative facilité avec laquelle il fut perpétré. Après avoir accompli cette première phase, les bourreaux se lancent dans l’arrestation, l’expulsion et le meurtre des arméniens sur leur terre ancestrale d’Arménie Occidentale, en Cilicie, et à travers les régions et les villes d’Anatolie Occidentale. Les massacres et les déportations d’arméniens se propagent à l’Empire ottoman tout entier, d’est en ouest, et du nord au sud.

15 avril - 16 mai

Le 15 avril, près de 500 arméniens sont tués par les autorités turques dans le village d’Akants près de Van. Dans 80 villages des environs de Van, les massacres d’arméniens font 24,000 morts en trois jours. Le 20 avril, après avoir ravagé les villages des environs de Van, les turcs entrent dans la ville et la bataille héroïque de Van commence. Elle durera jusqu’au 16 mai 1915.

Mai - Juin

Déportations de masse sur l’ensemble du territoire de la Turquie.

9 mai

Déportations à Tokat

14 mai

Déportations à Baberd

Le 14 mai 1915, par décret du Sultan, la loi sur la déportation est adoptée, et sa mise en œuvre est confiée au Ministre de la Guerre, Enver. Cette loi autorise le commandement militaire à expulser et à déplacer les habitants des villages et des villes, individuellement ou collectivement. Ainsi, l’expulsion des arméniens de leur terre ancestrale par la force et leur déportation vers les déserts arabes est légalisée.

15 - 18 mai

Exil et massacre de 25,000 arméniens de la vallée de Karin.

19 mai

Massacre des arméniens de Khnous

22 - 25 mai

Au centre Nur Osmanie d’Istanbul s’ouvre la réunion “Organisation Spéciale” des Jeunes Turcs. Talaat y présente son projet d’ensemble et les procédures de déportations des arméniens, de contrôle des propriétés laissées par les arméniens, de déplacement des villages et des familles arméniennes, etc.

27 mai

Le gouvernement Jeunes Turcs de l’Empire Ottoman met en application l’ordre de Talaat du 22 mai et charge le Ministère de l’Intérieur et le Ministère de la Défense de sa mise en œuvre. Le même jour, Talaat promulgue un décret sur la déportation et le massacre des arméniens.

1er juin

12,000 soldats arméniens qui travaillaient dans des camps de travaux forcés depuis le 14 novembre 1914 sont exécutés sur la route de Tigranakert à Kharberd.

3 juin

Arméniens de Hadjin déportés

6 juin - fin juillet

Déportation et massacre des arméniens d’Arabkir. Les cortèges venant d’Arabkir sont abattus un par un sur les rives de l’Euphrate, ne laissant plus un seul arménien vivant à Arabkir à la fin du mois de juillet.

7 juin

Déportations à Erznca et Akn

10 juin

Déportation des arméniens de Mardin et Severak

11 juin

Arméniens de Khotordjour déportés.

11 juin

Déportation et massacre de 1700 familles à Khnous.

14 juin - 26 juillet

Déportation des arméniens de Karin.

22 juin - 5 juillet

Déportations à Sébaste.

24 juin

Les déportations commencent à Chapin Garahissar.

26 - 27 juin

Les déportations débutent à Kharberd, Trabzon, Marzvan et Samson.

25 juin

Massacres à Baghech.

Mai 1915

Les Alliés ne pouvaient pas rester indifférents aux évènements qui se déroulaient en Turquie. Une lettre de protestation est envoyée au cabinet turc, le tenant responsable des massacres des arméniens. Le 13 mai 1915 à Londres, Paris et Petrograd paraît la déclaration commune officielle rédigée par l’Angleterre, la France et la Russie dénonçant le rôle de l’Empire ottoman dans les atrocités commises envers les arméniens. Elle déclare en particulier : “Le mois dernier, les populations kurdes et turques d’Arménie se sont livrées au massacre des arméniens avec la connivence et bien souvent l’aide des autorités ottomanes. De tels massacres ont eut lieu vers le milieu du mois d’avril à Erzéroum, Dertchan, Egin, Bitlis, Sassoun, Mouch, Zeitoun, et dans toute la Cilicie. Les habitants d’environ cent villages près de Van ont tous été assassinés. Dans la ville, le quartier arménien est assiégé par des kurdes. Au même moment, le gouvernement ottoman à Constantinople se déchaîne contre les populations arméniennes inoffensives.” Cette déclaration constitue le premier document officiel du 20ème siècle désignant un gouvernement et ses dirigeants comme coupables de crimes approuvés par l’état.

1er juillet

Début des massacres des arméniens de Kharberd-Méziré, Trabzon et Bayazet.

2 juillet

Début des massacres dans les villages aux environs de Yozghat.

10 juillet

Début des massacres à Mouch. De ses 15,000 habitants, seuls 500 ont survécu, et des 59,000 habitants du district, seuls 9000 ont survécu.

15 juillet

Tahsi, le dirigeant de la ville de Karin, écrit dans sa lettre adressée au gouvernement central : “A Karin, la barbarie a dépassé toute limite. Les offenses honteuses exercées pour l’argent et les femmes sont absolument inhumaines. Il faut mettre un terme à tout cela et particulièrement aux bandes qui opèrent sous le nom “ Teshkilat mahsuse ”. Le dirigeant de la ville de Kharberd écrit encore : “Toutes les routes sont couvertes de cadavres d’enfants et de femmes et ils n’ont pas le temps de les enterrer. Nous ferions mieux de préserver la noblesse et l’image de notre nation”.

Mi-juillet

Début de la déportation et du massacre des arméniens de Tigranakert.

18 juillet

Début de l’autodéfense des habitants de la ville de Sassoun face à l’attaque des troupes turques. Prenant conscience de la menace d’extermination, les habitants se livrent à la défense de leur ville et trois jours plus tard, le 21 juillet, ils font l’ascension du mont Andok.

24 - 28 juillet

Début des déportations dans les environs d’Ankara et d’Istanbul. Début des déportations à Izmit, Partizak, Armach, Césarée, et dans les villages arméniens près d’Ankara. Les déportations se poursuivent en Cilicie et s’étendent à de nouvelles localités - Antioche, Ayntap, Pehesni, Kilis, Ateaman, et Garatouran, puis à Kessab et ses environs.

30 juillet - 14 septembre

Des ordres de déportation sont donnés dans la région de Setio, mais les habitants sont déterminés à résister contre les troupes turques. La bataille héroïque connue sous le nom des 40 jours de Musa Dagh dure jusqu’au 14 septembre. Après 40 jours de combats, les 4000 survivants arméniens parviennent à briser le barrage turc, atteignent la plage et montent à bord des bateaux français et anglais qui les attendaient. Quelques jours plus tard, ils arrivent dans la ville de Port-Saïd. L’écrivain autrichien Franz Werfel immortalisera cet épisode tragique mais néanmoins héroïque de la nation arménienne dans son roman "Les 40 jours du Musa Dagh".

3 - 11 août

Début des déportations a Afion Garahissar,Césarée, Sivrihissar, Mersin, Adabazar, Marach, et des villages près d’Eskichehire.

13 - 21 août

Début de la déportation des arméniens d’Ankara, Broussa, Everik, Adana et des villages environnants.

Août - Septembre

Premiers témoignages oculaires officiels de l’extermination de masse des arméniens.

Août

L’ambassadeur des Etats-Unis Morgenthau révèle des informations sur ses entretiens et ses négociations avec Talaat.

12 août

Enver rapporte le meurtre de 200,000 arméniens.

19 aout

Lord Bryce rapporte la mort de 500,000 arméniens en Turquie.

31 aout

Talaat déclare à l’ambassadeur allemand, le Prince Ernst Hohenlohe-Langenburg, que la Question Arménienne n’existe plus.

14 Septembre

Le New York Times rapporte l’assassinat de 350,000 arméniens.

15 Septembre

La Loi provisoire d'expropriation et de confiscation est ratifiée par le Sénat Turc.

1916

7 mars

En réponse à un télégramme datant du 3 mars, Abdulhat Nuri informe le ministère qu’au 16 mars 1916, 35,000 arméniens ont été exterminés à Pap et Meskené; 10,000 à Karlk près d’Alep, 20,000 à Tipsi, Apuharrar et Hamam, et 35,000 à Ras el-Ayn. Au total, 100,000.

17 mars

Début de la déportation de plus de 50,000 arméniens rassemblés à Ras el-Ayn. Les déportations suivies de massacres durent jusqu’en juin, avec l’extermination de 200,000 arméniens rassemblés à Deir ez-Zor.

22 juin - 13 juillet

Début des atrocités dans différentes villes : à Sébaste, 10 000 soldats affectés dans des camps de travail sont exécutés, 1000 arméniens à l’Ouest de Karin – dont 9000 à Zara, et 1000 arméniens à Reshatie, dans la région de Tokat. Les massacres s’achèvent le 13 juillet avec un total de 21,000 arméniens tués.

10 août

Par une note officielle, le gouvernement Jeunes Turcs dissout les patriarcats de Jérusalem et d’Istanbul, laissant seul le patriarcat de Cilicie, qui se conformait à la juridiction du patriarcat d’Istanbul.

Octobre

Le président des Etats-Unis Woodrow Wilson, par une résolution du congrès américain, proclame les 8 et 9 octobre "Jours d’Aide à l’Arménie."

26 novembre

Par le Traité de Londres, signé le 26 novembre par le président de la délégation nationale arménienne Poghos Nubar Pacha, Mark Sax (Angleterre) et George Picot (France), le détachement des Volontaires Arméniens - la Légion d’Orient dans l’armée française - est formé pour libérer les terres arméniennes de la domination turque.

1917

Janvier

M. Goppert, un officiel de l’ambassade d’Allemagne, rend visite à Enver, Talaat et Halil pour leur demander de mettre un terme à l’islamisation forcée des arméniens sous prétextes d’impératifs militaires ou de sécurité.

25 octobre

Les bolchéviques emmenés par Lénine mènent une révolution politique en Russie, et prennent le contrôle du gouvernement temporaire du pays. Après avoir pris le pouvoir, les bolchéviques mettent un terme à leurs opérations militaires, et en novembre les troupes russes se retirent du territoire de l’Arménie Occidentale. Saisissant l’occasion, le gouvernement turc se résout à prendre le contrôle non seulement de l’Arménie Occidentale, mais aussi de l’ensemble de l’Arménie Orientale.

1918

3 Mars

Les chefs bolchéviques de Russie signent le Traité de Brest-Litovsk avec les états ennemis de l’Entente – l’Allemagne, la Turquie, l’Autriche-Hongrie et la Bulgarie, et par lequel ils se retirent de l’Entente et rejoignent leurs anciens adversaires. Par ce traité, les différentes parties s’engagent à mettre fin aux opérations militaires et la Russie s’engage à retirer ses troupes de l’Anatolie Orientale, particulièrement des régions de Kars, Ardahan et Batoumi. Ce traité est la suite logique du décret “sur la paix” adopté par les bolchéviques le 8 novembre 1917. Le Traité de Brest-Litovsk met les arméniens du Caucase dans une situation extrêmement difficile. Il invalide de fait la décision du 29 décembre 1917 sur le droit à l’autodétermination des terres d’Arménie Orientale, et adopte à la place un décret restituant ces mêmes terres à la Turquie. Quelques mois plus tard, le 20 septembre, le gouvernement russe par une note signée du ministre des affaires étrangères M. Chicherin annule la concession des territoires du Caucase à la Turquie. Néanmoins, même avec le traité temporaire de Brest-Litovsk, les territoires d’Arménie occidentale - où l’armée russe gouvernait quelques mois plus tôt - ont été nettoyés ethniquement et privés de futur à court terme au sein de l’Arménie. Le Traité de Brest-Litovsk ouvre de nouvelles perspectives pour le côté turc et sa perpétuelle politique d’expansion. S’emparant de l’occasion, l’armée turque brise l’accord de cessez-le-feu signé à Erznka le 5 décembre 1917 et se livre à des attaques en nombre infiniment supérieur. Les villes d’Erzinca, Karin, Sarighamich, Kars, et Alexandropol le 15 mai, sont capturées unes par unes. L’existence de l’Arménie toute entière est en péril.

Mai

Les troupes turques s’emparent de la ville de Sardarapat. Les troupes régulières de l’armée arménienne et les milices s’engagent dans une bataille de la dernière chance contre l’armée régulière turque. Le général Silikyan est nommé responsable de la défense de Sardarapat. Après de lourdes pertes le 27 mai, les rescapés de l’armée turque fuient vers Alexandropol. Le jour suivant, le 28 mai, la République d’Arménie est proclamée. L’état arménien nouvellement fondé n’existera que deux années et demi, jusqu’à sa soviétisation.

Juin -Septembre

Le 15 août, les troupes turques attaquent Alexandropol, transgressant ainsi le traité de Batoumi du 14 juin 1918. Durant 15 heures, la résistance arménienne tient bon et permet aux réfugiés arméniens venus de Karin, Kars, Ardahan et Ardvin de fuir une nouvelle fois la ville. L’armée turque massacre le reste des habitants et attaque les réfugiés, faisant de nombreuses victimes. Le “Détachement sauvage” du régiment tatar procède à un carnage similaire le 15 septembre à Bakou, où 30,000 arméniens trouvent la mort.

19 Septembre

A Arara en Palestine, la légion arménienne de l’armée française affronte l’armée turque. Grâce aux victoires arméniennes lors de cette bataille, la légion arménienne a grandement contribué à la victoire des forces alliées contre les turcs.

30 Octobre

A Mudros, un armistice est signé entre les états de l’Entente et la Turquie dans lequel elle reconnaît sa défaite dans la Première Guerre Mondiale. Ce document prévoit le retour des rescapés arméniens sur leurs terres. Les états de l’Entente n’ont rien fait pour mettre en application l’armistice de Mudros qui aurait pu venir en aide à l’Arménie ravagée. Au lieu de cela, le gouvernement turc d’Ankara a rejeté l’armistice de Mudros, le rendant de ce fait invalide.

Novembre - Décembre

Le 28 novembre, la légion d’Orient, renommée la légion Arménienne, entre dans le port d’Alexandrette en Cilicie et s’empare d’un grand nombre de postes militaires entre le 17 et le 19 décembre.

Novembre

Talaat, Enver et Djemal quittent la Turquie.

1919

28 février

Après le renforcement des forces nationalistes-kémalistes en Turquie, massacre des arméniens d’Alep.

23 juillet

Kyazim Karabekir et le colonel Mustafa Kemal en tant que président inaugurent le Congrès Nationaliste Turc à Karin. La plupart de ses participants sont d’anciens Jeunes Turcs. Le 7 août, en conclusion de ses sessions, le congrès adopte une loi pour l’intégrité et l’immunité de la Turquie.

1920

21 janvier – 12 février

Début de la bataille héroïque de Marach contre les nationalistes turcs, qui durera jusqu’au 12 février 1920. Le 11 février, les forces françaises se retirent de Marach, laissant la population à la merci des troupes turques. Les arméniens tentent de suivre l’armée française, mais sont attaqués et massacrés en chemin par les turcs. Lors du retrait, les arméniens essuyent de 3 à 5000 victimes, contre 800-1200 pour les français, les attaques des turcs étant exacerbées par les conditions glaciales.

27 janvier

Lors d’une session militaire à Istanbul, Mustafa Kemal déclare à propos des Jeunes Turcs : “Ces pachas ont commis des crimes indicibles, incompréhensibles et sans précédent, et dans leur intérêt personnel, ils ont conduit le pays à son état présent. Ils ont perpétré toutes sortes de violence, ils ont organisé des déportations et des massacres, ils ont brûlés des enfants avec du pétrole, ils ont violé des femmes et des filles devant leurs maris et leurs parents, ils ont enlevé des enfants à leurs parents, ils se sont accaparés l’immobilier et les propriétés des arméniens, ils ont exilés des arméniens à Mossoul dans des conditions déplorables, ils ont noyé des milliers d’innocents dans la mer, ils les ont forcés à changer de religion, ils ont fait marcher des vieillards affamés pendant des mois, et ils ont forcé des jeunes femmes à se soumettre dans d’affreuses maisons closes comme jamais il n’en a existé dans l’histoire d’aucune autre nation. ”

23 mars

Les membres du gang turc Mustafa mené par Khosrov bek Sultanov massacrent plus de 30,000 arméniens de Chouchi, volent, détruisent et réduisent en cendres le quartier arménien de la ville.

23 mars - 15 octobre

La bataille héroïque de Hadjin contre les forces unies des nationalistes turcs et des Jeunes Turcs commence le 23 mars et s’achève le 15 octobre 1920.

1er avril 1920 – 8 février 1921

La bataille héroïque d’Ayntap commence le 1er avril 1920 et s’achève le 8 février 1921.

5 juillet

Le verdict des responsables Jeunes Turcs est prononcé. Des 31 criminels inculpés, 4 sont condamnés à mort - Talaat, Djemal, Enver and Nazim - tandis que les 27 autres sont condamnés à différentes peines de prison. Après la Première Guerre Mondiale, le procès des Jeunes Turcs s’ouvre en Turquie, avec parmi les chefs d’accusation, crimes de guerre, organisation et mise en œuvre du massacre des arméniens dans l’Empire Ottoman. Cependant, plusieurs d’entre eux sont jugés ‘in absentia’ compte tenu qu’ils ont fui le pays.

4 août

Le 4 août 1920, la République Autonome Arménienne de Cilicie, présidée par Mihran Tamatyan, est proclamée à Adana sous patronage français. Cependant, elle n’est déclarée que virtuellement, puisqu’à la suite du brouillage des relations franco-anglaises, les autorités militaires françaises sont portées à défendre la position de la Turquie, aboutissant à la dissolution du gouvernement arménien nouvellement formé.

10 août

A Sèvres, une ville de la banlieue parisienne, les états vainqueurs de la Première Guerre Mondiale signent un traité avec la Turquie, composé de 13 parties et de 433 articles. Le traité de Sèvres reconnaît dans les articles 88 et 89 la République d’Arménie en tant qu’état libre et indépendant. Les articles déclarent : “La Turquie et l’Arménie, ainsi que les plus hauts pouvoirs s’accordent à soumettre au président des Etats-Unis la question de la détermination de la frontière d’Erzéroum, Van et Bitlis entre la Turquie et l’Arménie, et à accepter toute clause qu’il proposerait pour que l’Arménie soit dotée d’accès à la mer et pour la démilitarisation de toute portion du territoire turc adjacente à ladite frontière. Avec l’adoption de cette résolution, la Turquie renonce à tout droit sur ces territoires.”

14 Septembre

Les autorités françaises d’Adana donnent l’ordre aux refugiés arméniens de Cilicie de partir pour Istanbul, les Etats-Unis, Marseille, Beyrouth, Dort-Yol, Iskenderun ou ailleurs. Cet ordre s’adresse au départ aux 14,000 arméniens sous patronage français, mais est par la suite étendu à tous les arméniens.

23 Septembre

Sans aucune déclaration de guerre, l’armée turque attaque l’Arménie et s’empare d’Alexandropol. Près de 30 villages dans les régions d’Alexandropol et d’Akhalkalak sont envahis et pillés, et leurs habitants massacrés.

Novembre - Décembre

Alors que Woodrow Wilson exprime sa frustration concernant l’établissement des nouvelles frontières de la République d’Arménie, les forces soviets reprennent le contrôle du Caucase. A la fin du mois de novembre, l’Armée Rouge entre en Arménie. Le gouvernement de la toute jeune Arménie indépendante, afin d’éviter un nouveau bain de sang et une nouvelle guerre civile cède le pouvoir aux Bolcheviques et le 2 décembre, l’Arménie est soviétisée.

1921

15 Mars - Juillet 1922

Un des ordonnateurs du génocide arménien, Talaat Pacha, est assassiné à Berlin par un étudiant arménien, Soghomon Tehlirian. Cet acte marque le début de l’opération “Némésis” (d’après la déesse de la vengeance dans la mythologie grecque) lancée à la 9ème session de la Fédération Révolutionnaire Arménienne à l’automne 1919, et dont le but est d’exécuter les chefs du parti Jeunes Turcs. “Némésis” est une opération minutieusement organisée, qu’avec le temps les vengeurs arméniens ont accomplit dans le seul but de faire justice. Un comité spécial est constitué pour déceler les repaires des criminels turcs de part le monde. En juin, le procès de Tehleryan pour le meurtre de Talaat s’ouvre en Allemagne, mais se retourne en fin de compte en procès contre les ordonnateurs du génocide. Grâce à ce procès, les européens découvrent le rôle de Talaat dans l’organisation du génocide, et par conséquent, Tehlirian est acquitté. Le 6 décembre à Rome, un autre vengeur arménien, Archavir Chirakyan, abat le chef du premier gouvernement Jeunes Turcs - Said Halim. Le 7 avril 1922, à Berlin, les vengeurs arméniens Archavir Chirakyan et Aram Yerkanyan exécutent la sentence de mort de Djemal Azmi - l’ancien gouverneur de Trabzon - et de Behaeddin Chakir - fondateur de l’organisation criminelle “ Teshkilat mahsuse ”. Le 25 juillet à Tbilissi, les vengeurs arméniens Stepan Tsaghikyan, Artaches Guevorguyan et Petros Ter-Poghossyan assassinent un des bouchers du génocide arménien - Djemal Pacha.

16 Mars

A Moscou, un traité de fraternité et de coopération Turco-Soviet est signé, au moment où la Russie soviétique supporte la Turquie kémaliste, sans égard pour le projet d’expansion récemment envisagé pour l’Arménie. Ainsi, les questions relatives à l’Arménie sont réglées sans tenir compte de la justice historique ou de ses intérêts.

20 Mars

Traite turco-français de Londres

13 Octobre

Un traité est signé à Kars entre la Turquie et les Républiques soviétiques d’Arménie, de Géorgie et d’Azerbaïdjan récemment établies. Ce traité réaffirme les points du Traité de Moscou, et en regard des questions territoriales de l’Arménie, il est tout-à-fait anti-arménien.

20 Octobre

La signature du traité turco-français à Ankara entraîne le retrait des troupes françaises en Cilicie, de décembre 1921 au 4 Janvier 1922. La menace de nouveaux massacres aboutit à la migration de 160,000 arméniens vers la Syrie, le Liban et la Grèce.

1922

4 août

Lors de l’opposition entre forces pro et anti-Soviet en Asie centrale, le soldat arménien Hakob Melkumov assassine Enver Pacha, le ministre de la guerre de la Turquie Ottomane.

9 Septembre

L’armée turque pénètre la ville d’Izmir et massacre 10,000 arméniens et 100,000 grecs. Trois jours plus tard, Izmir est mise à feu.

Novembre

Une conférence internationale traitant des questions du Moyen-Orient se tient en Suisse jusqu’au 24 juillet 1923. Les pays participants à la conférence sont la Grande-Bretagne, la France, l’Italie, la Grèce, le Japon, la Roumanie, la Yougoslavie, la Turquie, et les Etats-Unis en tant que pays observateur. La délégation de la République d’Arménie n’est pas invitée à participer à la conférence, car elle ne représente plus l’Arménie, absorbée par l’Union Soviétique. La Conférence de Lausanne traite notamment de la Question Arménienne, mais la délégation turque menée par Ismet Pacha et Riza Nur Bey s’exprime fermement contre l’idée de la fondation d’un Etat arménien sur le territoire de la Turquie. Au final, la Turquie réussit à imposer ses conditions aux pays de l’Entente. De ce fait, le traité ne mentionne ni l’Arménie ni les arméniens. Avec la Conférence de Lausanne, la Question Arménienne est provisoirement écartée et les territoires promis à l’Arménie par le Traité de Sèvres disparaissent dans les nouvelles frontières de la République de Turquie.

31 Mars

Ankara déclare "non coupables" tous les responsables turcs condamnés auparavant par les tribunaux militaires.

30 Novembre

Déportation des arméniens et des Grecs de Pont (Pontus)

1923

Septembre

Une nouvelle loi turque interdit définitivement le retour des arméniens en Turquie

1939

Juin

Contre l’avis de la population locale et sans tenir compte de l’opposition de la Syrie, la région d’Alexandrette est annexée à la Turquie. Près de 40,000 arméniens sont forcés de quitter leurs foyers et de s’installer en Syrie et au Liban entre le 16 et le 23 Juillet.

Septembre

Une semaine avant l’invasion de la Pologne et le début de la Seconde Guerre Mondiale, Adolph Hitler donne l’ordre de "tuer sans pitié ni clémence tous les hommes, femmes, et enfants de race ou de langue polonaise" et conclut ses remarques par cette question "Après tout, qui aujourd’hui parle encore de l’extermination des arméniens?”


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Grigor Mjrguyan, figure politique, commerçant. Il est né en 1863. Les Turcs l’appelaient Yaver Effendi. Il fut le président de l’Union Générale arménienne de bienfaisance. Il fut tué en 1918. Il fut une victime du Génocide des Arméniens.

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