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Actualités

LETTRE DE L’EXODE : LES OBJETS EXPOSÉS DE MUSÉE RACONTENT



En avril 2015 lors des travaux d'organisation de l'exposition permanente du Musée de génocide des Arméniens, le MIGA a reçu un souvenir – relique unique : lettre originale envoyée à la famille lors de la déportation de 1915.

Sossi Tchenkerian, une Canado-arménienne, avait retrouvé la lettre dans les archives familiales de la fille de sa tante Marie Gavanossian.

L'auteur de la lettre était Khatchik Gavanossian originaire d'Ordu. La lettre était adressée à son épouse bien-aimée, Onori Tchenkerian-Gavanossian (1894-1951).

Khatchik Gavanossian, se rendant compte de la mort imminente de ses compagnons de fortune, réussit à envoyer une lettre d'adieu à sa femme avec un amour et une affection sans bornes. La lettre de quatre pages et écrite d’un bout à l’autre du papier est parvenue à la destinataire, mais elle n'a plus revu son mari. Selon des informations fiables de Mme Onori, Khatchik Gavanossian aurait été tué par les Turcs le 15 juillet 1915 avec les autres hommes d’Ordu, dans une forêt près du village Messoutié.

Après la mort tragique de son mari, Mme Onori avait mis au monde leur fille, Marie Gavanossian, en janvier 1916. Mme Onori ne s’est plus mariée, jusqu'en 1922 elle a vécu à Ordu, puis elle s’est déplacée au Caire, et est décédée en 1951, à l'âge de 57 ans.

Khatchik Gavanossian est né en 1887 à Ordu, il a étudié profondément la géométrie, aimait écrire des vers et réciter.

En 1915 dans le premier groupe d’hommes arméniens déportés forcément d’Ordu était aussi Khatchik Gavanossian. Deux mois plus tard, sa femme a appris le meurtre de son mari.

« À Onori inoubliable

Autour de moi tout est en deuil, les idées sont confondues dans ma tête, mes yeux sont secs, mon cœur est devenu un océan d’émotions et de maux, mon âme pleure et pleurera jusqu’au dernier souffle.

Ma mère, ma mère malheureuse est morte, et de quelle mort elle est morte… Le matricide a commis un péché ; que Dieu me maudisse, j’ai été la raison de sa mort, tu as souffert longtemps, maman, tu m’as fait grandir, m’as nourri et maintenant avec de la souffrance, du chagrin tu es morte… je vais m’affoler, quel désastre a attaqué le monde… mon malheur est infini, sa profondeur n’est par mesurable.

Dans l’immensité de ma douleur j’ai seulement toi comme consolation ; ce n’est que ton amour qui me donne de l’espoir et du courage à vivre… . Je pense que je t’ai écrit 4 lettres, mais tu n’as répondu à aucune ; est-ce que toi aussi, tu t’es détournée de moi ; si toi aussi tu m’as haï, il ne reste à moi qu’en pleurant, vagabondant, les mains pliées sur la poitrine, suivre les déportés misérables et mettre fin à ma vie ; tu m’as haï, que faire, mais je t’aime et t’aimerai, t’adorerai jusqu’au dernier souffle ; regarde dans mes yeux, mon âme, et tu verras les rayons de mon amour briller ; pourquoi es-tu silencieuse, as-tu baissé tes yeux et même ne veux-tu pas me regarder ?

Mon malheur est grand,
Il n’y a ni moyen, ni force,
Comme le monde est mauvais,
Il n’y a pas d’ami cordial.

Je suis en délires, je ne crois pas que tu m’aies quitté, tu m’aimes et tu m’aimeras toujours, peut-être tu n’as pas pu bouger le stylo à cause des peines, peut-être tu étais malade, sois consolé, mon âme, car c’est seulement pour toi que j’ai envie de vivre ; je n’ai que toi dans ce monde, chante et souviens-toi de moi parfois :

J’ai aimé, on a enlevé ma bien-aimée
On m’a causé de la peine et on l’a emmenée
Que le monde est injuste
On m’a arraché le cœur et on l’a emporté
Dans les montagnes
Ma bien-aimée s’est retirée, blessée,
Elle n’était ni caille, ni perdrix,
Elle s’est envolée de mes mains.

Souviens-toi de moi, aies pitié de moi, car je suis né malheureux, j’ai été orphelin et je mourrai misérable, aies pitié de moi, car à peine étais-je entré dans le jardin de la vie, à peine avais-je tendu les mains pour cueillir des fleurs et m’enivrer de leur odeur ; le grand malheur est venu détruire mes rêves heureux et a fait un désert de ce jardin. » … « sans toi il n’y a pas de bonheur pour moi, j’ai été malheureux, je t’ai rendue malheureuse aussi, pardonne moi si pendant notre vie conjugale je t’ai attristée ; mais ne sais-tu pas que l’amour est pur, et entre deux cœurs aimants la rancune n’a pas de place.

Peut-être c’est la dernière lettre que je vous écris, je dis la dernière car néanmoins je n'aurai pas d'occasion de prendre le stylo, vous devez comprendre de mes télégrammes si je suis en vie ou je suis mort ; si le télégramme est retardé de 15 jours, supposez immédiatement que je suis mort ; alors pleure ma mort, parce que dans ces lieux étrangers on ne sait pas ce vagabond dans quelle gorge ou bien dans quelle montagne va rendre l’âme ; en ce temps-là il n’y aura personne qui me retrouve.

Garde cette lettre sur ton cœur comme un souvenir de moi, comme mon fantôme et chante :

Oh, cheval d’amour, dis-moi
Où tu as laissé ma bien-aimée
Dans quelle gorge, sous quelle pierre,
Tu as laissé seule ma bien-aimée ?

Ayant fini ma lettre, à peine m’étais-je endormi, j’ai rêvé une lanterne dans mes mains, elle est tombée et s’est éteinte ; la lumière est un espoir, toi, tu es mon espoir ; est-ce qu’un malheur t’est arrivé ; si vraiment tu m’aimes, prends soin de toi, si tu es morte, moi aussi je mourrai.

Je veux bien écrire, ouvrir mon cœur auprès toi, mais cela devient impossible, je ne peux pas exprimer l’infini en moi.

Demain nous allons partir, adieu.

Messoutié,

14 juillet 1915 »

La ville d'Ordu (province de Trébizonde) a été fondée dans le premier quart du XIXe siècle. Ordu (le nom historique Gotia) abritait 130 maisons habitées d’Arméniens au milieu du 19ème siècle. Selon les informations fournies par Abel, l'archevêque des Mkhitariants "Les maisons arméniennes, avec tous les beaux endroits, sont sur les pentes du Tepee, 130, avec les réfugiés des villages, dont certains sont venus de Tamzara et de Kirasson, et les villageois sont de Khamchontsi, dispersés un peu partout dans Chanikou."


Environ 5 000 Arméniens vivaient à Ordu à la veille du génocide arménien. À mi-juin 1915, la déportation et le massacre ont commencé à Ordu. Les troupes turques de 500 hommes ont été déployées à l'École nationale arménienne en tant que gardes de la ville. Elles ont encerclé les quartiers peuplés d’Arméniens cette nuit-là et le matin passant d’une maison à l’autre ont récupéré les hommes et les ont emprisonnés. Khatchik Gavanossian était parmi les premiers prisonniers.

Toutes les personnes déportées qui auraient été transportées à Mossoul auraient été tuées en route et peu auraient pu survivre. Pendant les jours des massacres, il y avait des cas de suicide, quelques uns sont devenus fous, il y en avait ceux qui ont résiste.

Vardguès Mavian, un rescapé du génocide arménien, écrit dans ses mémoires: "La même situation malheureuse était celle de Tripoli, de Kirasson, d’Ounia et d’Ordu, dans lesquels même la notion d’Arménien était éliminée, les écoles et les églises arméniennes de ces villes étaient détruites, des milliers de livres étaient jetés dans les cours de ces établissements détruits, de belles filles et des femmes ont été enlevées et enrôlées dans les harems. " À Ordu sont restés des enfants orphelins qui avaient trouvé refuge dans les maisons voisines des Grecs, des Géorgiens et parfois des Turcs, la majorité de ces enfants est ensuite devenue des mendiants, des sans-abri. "J'ai été témoin des tragédies des Arméniens, des larmes, des malédictions et de nombreuses suicides, des horreurs, des holocaustes, des centaines de cadavres dans des maisons et des régions ... Les jeunes femmes ont été enlevées, les enfants étaient arrachés à leurs proches et étaient noyés dans la mer Noire et dans la rivière Déguirmé. Ce sont mes derniers souvenirs ineffaçables de Trébizonde, qui, même après un mois de ces événements, me torturent et me jettent dans la folie. " - annonce le consul d’Italie à Trébizonde, Giacomo Gorini, en août.

En 1918 un orphelinat a été établi chez l'un des Arméniens d'Ordu avec le soutien financier des missionnaires américains de Trébizonde et du consulat de Constantinople. Tout d'abord, les orphelins et les veuves y ont été installés. En 1919 le Comité de secours pour le Proche-Orient a déjà créé un orphelinat à l'école d'Ordu. Un corps de récupération des orphelins a également été créé. Beaucoup de femmes et d'enfants arméniens ont pu retourner dans la communauté arménienne réanimée, mais beaucoup sont restés chez les Turcs ; il était impossible de prouver leur identité.

Les restes de la population arménienne rescapés du génocide de 1915 depuis 1918 se sont dispersés à travers le monde, notamment en Russie, en France, aux États-Unis, en Égypte, etc.



Arévik Avétissian
Chef du département des relations extérieures et des médias du MIGA






Khatchik Gavanossian à l’âge de 25 ans, 1913


L’attestation de l’école primaire mixte livré à Khatchik Gavanossian, Ordu, 1904


La carte de visite de Khatchik Gavanossian


Les 1ère et 2e pages de la lettre de Khatchik Gavanossian, 14 juillet, 1915
Exposée au Musée de Génocide des Arméniens


Onori Gavanossian avec sa fille Marie, Ordu, 1922-23


Marie Gavanossian, Ordu


Photo d’une classe primaire, Marie Gavanossian assise par terre, la deuxième de droite, 1928


L’attestation de baptême de Hakob, fils de Khatchik Gavanossian, 1914
L’enfant est mort à jeune âge, en juin 1915, de l’empoisonnement du lait de sa mère enceinte
Khatchik Gavanossian n’a reçu d’information ni sur la mort de son fils, ni de la naissance de sa fille



Les régions de la mer Noire de l’Empire Ottoman


Panorama d’Ordu, 1913


Vue d’Ordu, 1913


Vue de la mer, Ordu


Vue d’Ordu


Vue d’Ordu


Photo de groupe des Arméniens d’Ordu rescapés du génocide arménien, orphelinat de Korfou, Grèce, 1924


Les instituteurs des lycées d’Ordu et de Kirasson au congrès tenu à l’église S.Perkitch (S. Sauveur), 1913


Groupe d’instituteurs du lycée national mixte d’Ordu
La grande partie d’eux sont devenues victimes du génocide arménien


La déportation des Arméniens de Trébizonde


Les crânes et les os des Arméniens de Trébizonde tués
En été 1915 à cause de l’abondance au bord de la mer des cadavres des Arméniens de Trébizonde noyés il était impossible de nager dans la mer


L’église S. Stépan de Trébizonde transformée en dépôt, 1918


Photo de l’Arménien d’Ordu Khatchik Gavanossian, exposée au Musée de Génocide des Arméniens








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